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Publié par Andreas N.

L’épave grecque de Mahdia

L'épave de Mahdia est un navire marchand grec échoué à la suite d'une tempête survenue au Ier siècle avant JC. Le site archéologique se trouve à environ cinq kilomètres au large de la ville tunisienne de Mahdia (Sahel).

L'épave, localisée à une profondeur d’environ 40 mètres, a été découverte en 1907 par des pêcheurs d'éponges grecs (ironie du sort) engagés par un armateur de la ville de Sfax. Elle était posée sur un fond plat et dur.

Localisation de Mahdia en Tunisie.

Localisation de Mahdia en Tunisie.

Le navire renfermait un riche chargement d'œuvres d'art et d'éléments architecturaux dont l'ensemble a posé de nombreuses questions aux chercheurs depuis sa découverte : outre de nombreuses colonnes et d'autres éléments de construction, le chargement était très hétéroclite, avec en particulier de nombreuses sculptures de marbre et de bronze.

Des campagnes de fouilles successives sont immédiatement entamées à l'initiative de l'archéologue français Alfred Merlin (1876-1965), pionnier de l'archéologie navale.

Alfred Merlin dans son habit d'académicien (vers 1937).

Alfred Merlin dans son habit d'académicien (vers 1937).

Arrêtées pour raisons budgétaires en 1913, les recherches reprennent à différentes périodes durant le siècle. De ce fait, le site a pu être considéré comme un témoin de l'évolution des techniques d'archéologie sous-marine, notamment avec l'invention du scaphandre autonome en 1940 qui rend les plongeurs beaucoup plus libres de leurs mouvements.

Les fouilles du navire de Mahdia, avec celles de celui d'Anticythère (Grèce) découvert en 1900, ont ainsi donné naissance à la discipline, l’archéologie sous-marine.

Scaphandre autonome, 1942

Scaphandre autonome, 1942

L'essentiel des découvertes est exposé au musée national du Bardo (Tunis) ; le musée de la ville de Mahdia n'accueille quant à lui que peu d'éléments.

Musée du Bardo à Tunis

Musée du Bardo à Tunis

Musée de Mahdia

Musée de Mahdia

Les diverses campagnes de fouilles bénéficient de subventions des gouvernements français et tunisien.

En 1948, une expédition est menée, équipée de scaphandres autonomes. Même si les fouilleurs ont du mal à retrouver l'épave, ils dégagent une quarantaine de colonnes. Le navire comporte aussi de nombreux chapiteaux, des bases de colonnes et également des éléments de corniche. L'étude de la cargaison confirme l'hypothèse de son origine grecque et athénienne.

Les dernières opérations en date sont menées en 1993. Une restauration des œuvres déposées au musée du Bardo est alors effectuée. Le résultat des fouilles est présenté dans l'exposition Trésors de la Méditerranée inaugurée le 31 juillet 2000 au musée national du Bardo.

Reconstitution du navire.

Reconstitution du navire.

Contexte et origine

Le lieu de départ du navire est sans doute le port du Pirée. L'hypothèse est corroborée par la découverte en 1959, dans le port grec, d'un dépôt de statues de bronze destinées à être embarquées (voir mon blog, article musée du Pirée). Une incertitude pèse cependant sur le lieu d'arrivée (Sicile ou autre région d'Italie).

En 86 avant JC, Athènes est prise par le général romain Sylla ; de nombreuses œuvres d'art sont envoyées en Italie pour décorer les temples, les portiques, les gymnases, les villas, …

Depuis le IIème siècle avant JC, les élites romaines dominent le marché et se tournent vers des ateliers grecs par goût pour le style hellénistique et pour la qualité des productions. Les ateliers assimilent les formes de l’illustre passé grec ; on parle alors de style « néo-attique ».

Éléments au musée de Mahdia

Très peu d'objets sont exposés au musée de Mahdia, ce qui suscite des contestations. Seules deux colonnes de marbre abîmées par leur séjour en mer y figurent, ainsi que d'autres objets, dont un cratère en moins bon état de conservation que les exemplaires conservés au musée national du Bardo.

Musée archéologique de Mahdia. Le cratère est un des rares éléments de l'épave.
Musée archéologique de Mahdia. Le cratère est un des rares éléments de l'épave.
Musée archéologique de Mahdia. Le cratère est un des rares éléments de l'épave.
Musée archéologique de Mahdia. Le cratère est un des rares éléments de l'épave.
Musée archéologique de Mahdia. Le cratère est un des rares éléments de l'épave.

Musée archéologique de Mahdia. Le cratère est un des rares éléments de l'épave.

Salles Mahdia au musée national du Bardo à Tunis

Les salles consacrées aux fouilles de Mahdia ont fait l'objet d'un vaste redéploiement à la fin des années 1990.

Le coût de la restauration étant trop élevé pour la seule Tunisie, elle recherche des partenaires étrangers. Les restaurations débutent en Allemagne en décembre 1987. Une exposition a lieu à Bonn en 1994-1995, à l'issue de laquelle les œuvres rentrent définitivement en Tunisie.

Les éléments les plus importants de la cargaison consistent en des sculptures raffinées de marbre et de bronze, dont les premières ont été abîmées par leur séjour marin. La datation des statues retrouvées s'étend du milieu du IIème siècle avant JC au premier quart du Ier siècle avant JC.

Sculptures en marbre : Le marbre de la cargaison a été considéré par Merlin comme du Pentélique du fait de son grain fin, cependant la plupart des œuvres est en marbre de Paros.

L'une des sculptures, le Buste d'Aphrodite en marbre de Paros (hauteur 70 cm), représente une divinité, les cheveux ramassés en un chignon.  La déesse porte un chiton attaché sur l'épaule. En dépit des manques et dégradations, la pièce est d'une beauté remarquable car le visage n'a pas été exposé à l'eau de mer, protégé sans doute par le sable et la vase, et garde un sourire calme et serein. Cette caractéristique en fait la pièce emblématique de la collection.
L'une des sculptures, le Buste d'Aphrodite en marbre de Paros (hauteur 70 cm), représente une divinité, les cheveux ramassés en un chignon.  La déesse porte un chiton attaché sur l'épaule. En dépit des manques et dégradations, la pièce est d'une beauté remarquable car le visage n'a pas été exposé à l'eau de mer, protégé sans doute par le sable et la vase, et garde un sourire calme et serein. Cette caractéristique en fait la pièce emblématique de la collection.

L'une des sculptures, le Buste d'Aphrodite en marbre de Paros (hauteur 70 cm), représente une divinité, les cheveux ramassés en un chignon. La déesse porte un chiton attaché sur l'épaule. En dépit des manques et dégradations, la pièce est d'une beauté remarquable car le visage n'a pas été exposé à l'eau de mer, protégé sans doute par le sable et la vase, et garde un sourire calme et serein. Cette caractéristique en fait la pièce emblématique de la collection.

Sculptures en bronze : Les pièces de bronze dans un excellent état de conservation ont été protégées par une couche de concrétions. Les œuvres ont été réalisées selon la technique de la cire perdue.

Les principaux éléments retrouvés appartiennent à des types en vogue au début du Ier siècle av. J.-C. et sont :

Partie supérieure de la statue d'Agôn (Eros).

Partie supérieure de la statue d'Agôn (Eros).

Pilier hermaïque de Dionysos.

Pilier hermaïque de Dionysos.

Satyre prêt à s'élancer.

Satyre prêt à s'élancer.

Ainsi que des statuettes de nains, un Éros citharède, un Hermès orateur aux chevilles ailées, un Hermaphrodite et Éros androgyne, un porte-flambeau qui tenaient une torche, ....

On peut également admirer du mobilier et des éléments architecturaux.

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Enfin, si vous faites le voyage à Mahdia, ne manquez pas de visiter la ville ...

Vues de la charmante ville de Mahdia.
Vues de la charmante ville de Mahdia.
Vues de la charmante ville de Mahdia.
Vues de la charmante ville de Mahdia.
Vues de la charmante ville de Mahdia.
Vues de la charmante ville de Mahdia.
Vues de la charmante ville de Mahdia.

Vues de la charmante ville de Mahdia.

L’épave grecque de Mahdia
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