Horace à l’Académie d’Athènes
Le grand poète latin Horace (Quintus Horatius Flaccus), l'un des plus célèbres de la Rome antique, est né en 65 av. JC à Vénouse, dans le sud de l'Italie, et il décède en l’an 8 av. JC à Rome.
Venosa (Venusia en latin, Vénouse en français) est une commune située dans la Basilicate, région de l’Italie méridionale.
Horace a passé toute son adolescence dans cette ville de Vénouse. De famille campagnarde plutôt modeste, il fait pourtant de solides études à Rome, puis, âgé d’environ vingt ans, il part à Athènes. Son but est de poursuivre l'étude du grec et de découvrir la philosophie.
A cette époque, les jeunes Romains de bonne famille allaient souvent parfaire leur éducation à Athènes, à Rhodes, ou encore à Massilia (nom latin de Marseille).
Le père d’Horace semble être mort juste avant ce départ. C’était un affranchi, petit propriétaire terrien, peut-être "marchand de provisions salées". De toute évidence, cet homme était suffisamment clairvoyant pour envoyer le jeune poète se former à Rome et à Athènes. C'est à cette époque qu'Horace aurait commencé à écrire. Ses premiers écrits comprennent déjà quelques vers en grec.
A l’Académie d'Athènes, Horace étudie auprès du philosophe Aristos d'Ascalon, frère d’Antiochos d’Ascalon (125 – 68 av. JC), treizième et dernier scolarque (directeur de l’école de philosophie), de la "cinquième Académie", qualifiée d’éclectique.
L’Académie est l'école philosophique fondée à Athènes par Platon vers 387 av. JC. Elle tire son nom du domaine dans lequel elle se trouve, fait de jardins et de portiques, près du tombeau du héros Académos (Ακάδημος). Platon et Aristote ont enseigné dans cette école.
Akadémos est un héros athénien. Il évite le siège d'Athènes par les Dioscures en leur indiquant l'endroit où leur sœur Hélène, enlevée par Thésée, est retenue. Photo : L'enlèvement d'Hélène par Thésée représenté sur un vase attique à figure rouge d'Euthymidès, vers 510 av. JC.
L'orateur et homme politique Cicéron (106 – 43 av. JC), formé en Grèce (Rhodes et Athènes), ne distingue que deux Académies à Athènes : celle de Platon (428 – 348 av. JC) et celle d'Arcésilas de Pitane (315 – 241 av. JC), soit l'Ancienne et la Nouvelle. Il suit les cours d’Antiochos d’Ascalon vers 79 av. JC.
Au moment où la Nouvelle Académie se constitue, l'épicurisme et le stoïcisme sont déjà bien installés et s'imposent comme philosophies dominantes dans le monde hellénistique.
Parmi les disciplines, la formation à l'art oratoire est un élément essentiel de l'éducation romaine. A Athènes, de nombreux étudiants fréquentent les écoles de rhétorique ; d'autres étudient dans l'un des nombreux centres de philosophie du monde grec, même si des écoles d'art oratoire font leur apparition à Rome, la capitale de l'empire.
Comme Jules César et Cicéron dans leur jeunesse, le jeune Romain (la jeune Romaine ?), après un voyage de 12 jours, arrivait au port du Pirée. Sa famille l’avait orienté vers les professeurs des meilleures écoles comme l'Académie de Platon ou le Lycée d'Aristote.
La vie et les études avaient un coût. Le cursus pouvait durer jusqu'à cinq ans. Néanmoins, deux années à Athènes étaient souvent suffisantes pour faire carrière.
A leur arrivée, les nouveaux subissaient quelques railleries ; après quoi, loin de leur famille, la ville offrait diverses tentations. Les jeunes hommes romains et grecs qui suivaient les mêmes cours se réunissaient pour admirer les célèbres monuments d'Athènes et pour s’exercer à l'art oratoire et à la rhétorique.
Les écoles sont alors appelées gymnasia, lieu à l'origine prévu pour des activités athlétiques (gymnase), puis, au cours de la période hellénistique, sont aménagés des espaces pour l’étude théorique. On y trouvait alors des exèdres, salles semi-circulaires où les professeurs et leurs élèves pouvaient s'asseoir et tenir des discussions ; se rajoutaient également des bibliothèques. À Athènes, les gymnasia devinrent les sièges de presque toutes les grandes écoles de philosophie.
Horace est toujours en Grèce lorsque Jules César est assassiné (44 av. JC). Brutus et Cassius, complices de cet assassinat, se rendent à Athènes et enrôlent de jeunes aristocrates dans leur armée ; Horace les rejoint et obtient le grade de tribun militaire, ce qui le fait entrer dans l'ordre des chevaliers et lui assure des privilèges à vie.
Les troupes de Brutus gagnent la première bataille de Philippes (Macédoine, Grèce) contre le camp d'Octave et de Marc Antoine mais perdent le second combat (42 av. JC). Brutus se suicide. Horace fait partie des fuyards.
Son soutien à Brutus lui coûtera les biens de sa famille. Mais, amnistié, Horace rentre à Rome où il se procure une charge de greffier.
Il consacre ses heures de repos à l'écriture et produit sa première série de poèmes. Il se lie ainsi d'amitié avec les poètes Virgile (70 - 19 av. JC) et Varius (74 - 14 av. JC). Grâce à Virgile, il rencontre l’ami des arts Mécène (70 – 8 av. JC) qui lui offrira un domaine à Tivoli, près de Rome, où Horace vivra de façon plutôt aisée.
Virgile (à gauche) déclamant ses vers devant Horace (au milieu), Varius (au fond) et Mécène (à droite) par Charles François Jalabert.
Vers 30 av. JC sont publiées les Épodes, 17 poèmes élégiaques dans la veine du poète grec Archiloque (680-645 av. JC). Ces poèmes évoquent la victoire d'Octave à la bataille d'Actium contre Marc-Antoine et Cléopâtre.
Suit, à une date inconnue, le second livre des Satires ; le premier est édité en 35 av. JC. Ces Satires traitent des sujets les plus divers (critiques, portraits, récits de voyage …).
Les Odes, quant à elles, forment un ensemble lyrique original de quatre livres ; elles restent l'œuvre la plus célèbre du poète. Horace s’inspire des poètes lyriques grecs, notamment ceux de Lesbos, Alcée et Sappho. Il y fait part de ses sentiments personnels, son amour pour la vie auquel se mêle la hantise de la mort. Il célèbre également la victoire d’Auguste et les vertus de la grandeur romaine.
Par la suite, les deux recueils d’Epîtres dévoilent une pensée d’Horace plus sérieuse et plus profonde. On y retrouve d'ailleurs sa personnalité et une peinture de la société.
Grand épicurien, Horace défend le détachement des passions et le juste milieu dans la recherche des plaisirs. Ses poèmes témoignent d'une joie de vivre et d'un amour de la nature.
Ode (à la vie)
Pourquoi des javelots sur cibles ennemies
Alors que si brève est la vie ?
Pour rechercher d’autres terres, tu te démènes,
Peut-on en s’exilant se fuir soi-même ?
Horace, extrait d’Odes, « Livre deuxième », XVI, (Éditions Gallimard, 2004)
Vénouse, statue d'Horace. "Heureux l'homme qui, loin des affaires, laboure à nouveau ses terres ancestrales"
Certains disent que Virgile, Horace et le poète banni Ovide (43 av. JC - 18 ap. JC) ont créé un style classique qui était comparable à celui des Grecs anciens.
A la mort d’Horace, l’empereur Auguste le fait enterrer auprès de Mécène, décédé quelques mois plus tôt.
Quelques citations d’Horace
« Je ne mourrai pas tout entier car mon œuvre me survivra »
« La force sans l’intelligence s’effondre sous sa propre masse »
« La fortune ne change pas la naissance »
« Il n’est point au monde de bonheur parfait »
« Chose commencée est à moitié faite »
Sources
Horace — Wikipédia (wikipedia.org)
Horace (auteur de Oeuvres) - Babelio
Horace - Encyclopédie de l'Histoire du Monde (worldhistory.org)
Étudiants Romains à Athènes - Encyclopédie de l'Histoire du Monde (worldhistory.org)
Nouvelle Académie — Wikipédia (wikipedia.org)
/image%2F1635605%2F20241001%2Fob_d965f7_venosa-statua-orazio.jpg)
/image%2F1635605%2F20241003%2Fob_8b223a_citta-di-venosa-pz-il-castello-di-pirr.jpg)
/image%2F1635605%2F20241003%2Fob_ffe4d6_corso-venosa.jpg)
/image%2F1635605%2F20241003%2Fob_23060a_musee-archeo-venosa.jpg)
/image%2F1635605%2F20241003%2Fob_eed030_santissima-trinita-venosa.jpg)
/image%2F1635605%2F20241003%2Fob_cd95fb_venosa.jpg)
/image%2F1635605%2F20241003%2Fob_9cee30_gaule-massalia-marseille-le-port-jc-go.jpg)
/image%2F1635605%2F20241008%2Fob_c4a26f_mosaique-de-l-acadelie-de-platon-napl.jpg)
/image%2F1635605%2F20241003%2Fob_d81ec8_l-enlevement-d-helene-par-thesee.jpg)
/image%2F1635605%2F20241008%2Fob_0acd85_plat-ar.jpg)
/image%2F1635605%2F20241003%2Fob_523078_copie-d-un-buste-de-la-fin-du-ive-sie.jpg)
/image%2F1635605%2F20241003%2Fob_ec0d01_arcecilas-portrait-du-xviiieme-sie.jpg)
/image%2F1635605%2F20241007%2Fob_7f8fb4_6hat0301.png)
/image%2F1635605%2F20241007%2Fob_449e2c_academie-de-platon.jpg)
/image%2F1635605%2F20241007%2Fob_2600c9_vestiges-epars-du-gymnase-de-l-acade.jpg)
/image%2F1635605%2F20241007%2Fob_bba656_280px-athletes-in-a-gymnasium-gouache.jpg)
/image%2F1635605%2F20241007%2Fob_510834_1024px-exedra-of-pamphilidas-lindos.jpg)
/image%2F1635605%2F20241007%2Fob_77bc6f_exedre-lindos.jpg)
/image%2F1635605%2F20241007%2Fob_744e86_virgile-par-armando-mancini.jpg)
/image%2F1635605%2F20241007%2Fob_76f938_virgile-a-gauche-declamant-ses-ver.jpg)
/image%2F1635605%2F20241007%2Fob_e3ef95_carpe-diem-horatius.jpg)
/image%2F1635605%2F20241007%2Fob_fcde75_statua-di-orazio.jpg)
/image%2F1635605%2F20241007%2Fob_34968f_poster-citation-horace-product-medium.jpg)
/image%2F1635605%2F20241007%2Fob_8ea384_5260.jpg)